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28/09/2015

La dyslexie n'est pas une fatalité , voici le témoignage d'une jeune gardoise

Bonjour,

Notre association a souvent orienté des jeunes vers des orthoptistes spécialisé(e)s en neurovision. Mais aucun ne nous a fait un écrit. J'en reçois un ce jour venant d'une adhérente de l'association Apédys Gard. Je vous le fais partager.

Merci Aurélie ! 

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Bonsoir, je me prénomme Aurèlie aujourd'hui âgée de 22 ans, Je vais au travers de ces quelques lignes vous raconter mon parcours scolaire qui permettra je l'espère à encourager tous ces enfants qui se trouvent aujourd'hui confrontés à ces " DYS" et qui démarrent une nouvelle année scolaire.

Enfant modèle et très studieuse , jamais personne s'était posé la question de savoir pourquoi je devais passer des heures et des heures à reprendre mes cours le soir en arrivant à la maison , apprendre mes leçons jusqu'à très tard dans la nuit alors que mes camarades étaient déjà dans les bras de Morphée . Pour mes parents, j'étais l'élève modèle....

J'ai toujours su que pour moi les études seraient une étape très difficile. Durant toute ma scolarité j'ai travaillé dur parfois même très dur et malheureusement, les résultats n'étaient pas toujours au rendez vous. Ma force je l'ai puisé dans la persévérance et la haine de voir tous mes camarades réussirent alors que moi c'était souvent en larme que mes parents me récupéraient à la sortie de l'école. Quel était ce mal qui m'empêchait de réussir dans mes études ?

Ma délivrance, je la dois à mon frère qui est plus jeune que moi de 5 ans est rentré un soir à la maison avec un mot de son prof principal qui disait la chose suivante :" Il serait bien que votre fils soit vu par un spécialiste car il semblerait qu'il soit dyslexique....."

Je ne vous cache pas que pour mes parents cela fut une terrible épreuve. Mon père a passé une bonne partie de la nuit à chercher sur internet la signification de ce mot qu'il connaissait mais ne savait pas interpréter. C'est par hasard qu'il est tombé sur le site de l'association APEDYS GARD. Mes parents ont aussitôt pris contact avec sa présidente Mme EL CHAMI et grâce à tous ses précieux conseils, une prise en charge a été mise en place et a permis de corriger sa dyslexie et en particulier son problème neurovisuel . A cette époque j'avais 17 ans, j'étais en première, je n'étais pas dans les premières de la classe mais pas non plus dans le peloton de queue, mais pourtant quel travail je fournissais pour maintenir la tête hors de l’eau…

Ma résurrection, je la dois à cette orthoptiste qui suivait mon frère et qui un jour lors d'une séance où j'accompagnais mon frère, a eu la bonne idée de me faire passer un test neurovisuel. Le verdict fut terrible à entendre, ma situation était pire que celle de mon frère: "rééducation neurovisuelle à mettre en place et dyslexique à corriger"

Pour la première fois de ma vie je devais subir une double peine car trop bonne élève pour pouvoir bénéficier de séances d’orthophonies avec aménagement scolaire et trop peu de temps pour suivre des séances chez une orthoptiste car j'étais déjà en première . Je ne pouvais pas en rester là, j'ai donc décidé de relever le défi et en accord avec l'orthoptiste où allait mon frère. J'ai réalisé en un peu plus d'un an la rééducation qui aurait du durer plusieurs années. Grace à cette rééducation j'ai pu enfin retrouver gout aux études car enfin je prenais du plaisir à étudier. Les choses devenaient beaucoup plus simples. Enfin je comprenais du premier coup ce qui normalement pour moi aurait du être revu pendant des heures à la maison. J’allais peut être réalisé mon rêve, devenir vétérinaire.

Finalement les choses ont un peu changé, après mon BAC scientifique que j’ai obtenu, j'ai préféré me diriger vers le monde agricole en passant un BTS de production animale que j’ai obtenu à Marvejols en Lozère. J'ai pris beaucoup de plaisir durant ces deux années post BAC. La rééducation neurovisuelle qui a été mise en place m’a permis de corriger ce mal qui me pénalisait tant depuis ma plus tendre enfance. Aujourd’hui, avec mon compagnon nous sommes installés en Lozère comme exploitants agricole où nous élevons un cheptel bovin de race "AUBRAC" que l'on destine à la vente directe que nous livrons sur Alès, Nîmes et Manduel.

Voici l'adresse de notre site Internet pour ceux qui voudraient venir visiter notre ferme :  http://gaecdulouveteau.pagesperso-orange.fr/

Je dis à tous ces enfants, ne vous découragez pas, si le hasard vous a permis comme moi de rencontrer l'association que préside Mme EL CHAMI, vous êtes sur la bonne voie pour réussir. Le chemin sera parfois long mais à force de persévérance on y arrive toujours croyez moi.

Encore un grand merci à Mme EL CHAMI qui par son dévouement et son énergie à permis à mon frère et moi même de comprendre que la dyslexie n'est pas une fatalité mais une force.

 

Aurèlie CLEMENT

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Bonsoir

C'est avec plaisir que je vous autorise à partager mon témoignage qui je l'espère permettra à tous ces jeunes en difficulté de comprendre qu'ils ne sont pas seuls , j'aimerai bien que le message reste tel quel afin que les gens puisse voir concrètement ce que j'ai été capable de réaliser car je ne vous cache pas que j'en suis très fier .Merci donc de laisser le lien qui est sur le message http://gaecdulouveteau.pagesperso-orange.fr/

Bonne soirée

Aurèlie

 

02/11/2013

Troubles des apprentissages. Dictionnaire pratique. de Jérôme Bessac

Parents, Enseignants, Orthophonistes, tous ceux qui sont concernés par les enfants en difficulté scolaire se sentent souvent un peu perdus face aux innombrables sigles, institutions, règlements, concepts que génère l'administration.
..... les vocabulaires administratif, médical, psychologique,scolaire... des troubles des apprentissages « vous envoient sur un autre continent, voire même sur une autre planète ».
Un outil pratique pour se repérer dans la jungle des sigles. Ce dictionnaire vise avant tout à donner à tous ceux concernées par le handicap et, plus particulièrement, par les troubles cognitifs spécifiques et les troubles des apprentissages, non seulement des définitions simples, claires et précises, mais également, pour celles qui le souhaiteraient, les moyens d' « aller plus loin ».
Une documentation fiable et vérifiée. Plutôt que renvoyer vers une bibliographie le lecteur désireux d'« en savoir plus », nous avons préféré lui permettre d'accéder grâce à Internet à une documentation complémentaire fiable et vérifiée. La documentation disponible en ligne dans le domaine du handicap est surabondante, mais hélas
souvent truffée d'affirmations irrationnelles et d'informations erronées inspirées par la sottise quand elles ne le sont pas par le charlatanisme le plus éhonté. Leur validité a été vérifiée à la date de parution de cet ouvrage.

Extrait (de l'extrait) 

Présentation du dictionnaire, de son objet et de son contenu

Voulez-vous scolariser votre enfant dyslexique dans l'école de votre quartier ? La loi vous garantit solennellement ce droit, mais il faut d'abord que vous sachiez que cette école s'appelle «l'école de référence» de votre enfant et qu'elle appartient au «milieu ordinaire». Les publications du ministère de l'Éducation nationale vous indiqueront ensuite bien volontiers que pour obtenir l'aide à laquelle vous avez droit, il faut déposer un dossier à la MDPH mais que ce ne sera qu'après que la CDAPH aura rendu son avis que l'enfant pourra bénéficier d'une AVS. Quant au PPS préconisé par l'EPE, il sera suivi par l'ESS (à laquelle vous appartenez de droit, ainsi que l'ER). Selon son âge votre enfant pourra être accueilli en CLIS ou en ULIS. Au cas où vous seriez perdus, vous pourrez toujours écrire à l'IEN-ASH. Le jeune handicapé est-il en recherche d'emploi ? Il doit bien entendu savoir que le RMI et l'API sont depuis longtemps fusionnés dans le «RSA socle», mais sait-il s'il aura droit à la PPE ? Et s'il est embauché, pourra-t-il bénéficier des aides du FIPHFP ?
Même vertige devant le vocabulaire médical. Il est non seulement légitime mais absolument indispensable que toute démarche scientifique s'appuie sur un vocabulaire précis et qu'au besoin elle le crée. L'exactitude des termes employés est même la marque du discours scientifique. Mais, à la fin d'une consultation, le médecin ou le psychologue n'a pas toujours le temps d'expliquer son diagnostic en termes immédiatement compréhensibles par le patient : tout le monde ne sait pas qu'une aphasie n'est pas une dysphasie, ou ce qu'est exactement une dyssynchronie, un nystagmus ou une paraphrasie, ni ce qu'entend l'orthophoniste ou l'orthoptiste lorsqu'il parle d'«empan visuel» ou de «lexique mental». Ce sont pourtant de tels mots qui risquent fort d'être employés et, s'ils ne sont pas expliqués, peuvent inquiéter davantage des parents venus consulter pour leur enfant.
S'ajoute encore à cela, que dans le domaine du handicap, le vocabulaire est loin d'être neutre. Au cours de sa longue histoire, ce vocabulaire a d'ailleurs fortement évolué et cette évolution est précisément le reflet du changement de regard porté par la société sur le handicap, marque, comme le souligne l'historien Henri-Jacques Stiker, qu'«il n'y a pas de handicap en dehors de structures sociales et culturelles précises». Pour faire évoluer les mentalités et changer le regard que la société porte sur le handicap, il a donc fallu changer les mots. Ainsi, les termes les plus péjoratifs (invalide, incapable, débile mental, arriéré,...) ont-ils aujourd'hui fort heureusement disparu du discours commun sur le handicap, et ont été remplacés par des mots qui tendent à mieux exprimer et de façon plus précise la réalité diverse du handicap : trouble, retard, déficit, difficulté, symptôme, signe,... Mais ces désignations doivent, elles aussi, faire l'objet d'un apprentissage, car elles recouvrent des réalités précises. A son tour, le «monde du handicap» (associations, organismes, administrations,...) a donc non seulement acquis son propre vocabulaire, mais, comme il est naturel, ce vocabulaire évolue constamment avec les avancées du droit : et ici, il ne s'agit plus simplement de savoir que les UPI ont été remplacées par des ULIS, mais de prendre conscience qu'il n'est pas insignifiant de parler d'«altération de fonction» au lieu de «déficience», de «limitation d'activité» à la place d'«incapacité», et de comprendre que ce qu'on appelait «l'éducation spéciale» doit en fait prendre en compte des «enfants à besoins particuliers» et qu'une personne «handicapée» est en fait une personne «en situation de handicap» car cela indique bien que c'est son environnement matériel et social qui la handicape.

(...)
 

Biographie de l'auteur

 

Jérome BESSAC a été Directeur éditorial aux éditions Quillet puis au Livre de Paris. Directeur éditorial branche
Encyclopédies et dictionnaires chez Hachette Livre, il a ensuite pris la direction éditoriale d Hachette multimedia. Il assume aujourd'hui la responsabilité éditoriale des Éditions Tom Pousse.